
1) "Raymond Domenech n'a jamais rien gagné" : on entend régulièrement cette phrase, bon mot de journaliste qui n'y connaît rien, sentence définitive pour tout détracteur du personnage. Pourtant, Van Basten n'a jamais rien gagné non plus, non ? Combien de sélectionneurs peuvent se targuer avoir "gagné" un Euro, une coupe du Monde, une Copa America ?? Peu, très peu... Raymond a pour lui une finale de Coupe du Monde : Lemerre, Houllier, Michel, Hidalgo ne peuvent pas en dire autant.
2) "Domenech est un intello démago, théatreux et gauchiste" : tout est dit, ce genre d'affirmation permettant au moins de distinguer le journaliste de droite du journaliste.
3) "Domenech n'a pas été foutu de virer les vieux" : après une première tabula rasa, il a dû se rendre à l'évidence qu'on ne pouvait pas faire du jeu en France sans les anciens, d'où retournage de veste, rappelage de la vieille garde. Ne voulant pas reperdre encore un an, il était alors logique que les Thuram et Makélélé (très bon) soient conservés.
4) "Niveau communication, c'est du n'importe quoi" : beaucoup ont (déjà) oublié Aimé Jacquet, Roger Lemerre, et l'oculo-monolithique Santini. Domenech a pour lui son duel à mort face aux médias italiens. Duel d'autant plus légitime que ces derniers nous ont volé la dernière coupe du monde sur un hold-up flagrant que notre héros national n'aura de cesse de dénoncer.

Deuxio, Mexès, malgré ses très grandes qualités, est un défenseur "agressif" qui commet beaucoup de fautes, provoque beaucoup de pénaltys, et reçoit beaucoup de cartons rouges. Difficile alors de lui faire entièrement confiance durant toute une compétition.
Tercio, Mexès a régulièrement eu des paroles "anti-françaises" dans les médias italiens, revenant sur le fait qu'il n'aimait pas le sélectionneur, que l'équipe d'Italie était meilleure, et que la France allait perdre, comme s'il ne souhaitait que ça. En hussard du 4-5-1 gaulois, Raymond n'avait comme autre choix que de bannir le malheureux, coupable de haute trahison.
Quatro, ce que l'on sait (ou que certains disent) à propos de Philippe Mexès est une raison suffisante pour ne pas le prendre dans le groupe... Demandez aux journalistes et aux membres de l'équipe de France de vous en dire plus sur le sujet, le site n'y reviendra pas, ce n'est plus l'objet du débat.
6) "Giuly et Pirès ?? Ils sentent mauvais ??" : tout le monde a ses têtes. Vous, moi, le Pape. Même François Mitterrand avait les siennes (pourtant, on aurait pas cru). Raymond Domenech a cru bon de blacklister ces deux joueurs, libre à lui, c'est le sélectionneur. D'autres avant eux y ont eu droit, cela n'a pas empêché l'équipe de France de gagner certains titres ou de faire de bonnes compétitions, sans qu'on ait eu besoin d'aborder de façon diffamante la sexualité d'un tel ou d'un tel pour justifier une non-sélection.
7) "La demande en mariage, là, c'était le pompon, on a jamais atteint un tel niveau d'indécence" : non mais faut se calmer, hein !! Le football, c'est sympa, mais c'est pas l'avenir de la France qui est en jeu !! Prenant le contrepied total de Bill Shankly, Raymond fait sien le "All you need is love" des Beatles, et remet les choses à leur place de la plus belle des manières, à chaud, lors d'une gifle qui met pratiquement fin à sa carrière chez les Bleus. J'ai personnellement trouvé ses mots formidables, j'ai été sincèrement ému et touché par tant de fragilité, et je pense ne pas avoir été le seul (n'en déplaise à Jean-Michel "à droite ! à droite !" Larqué)
8) "le coup de garder Vieira alors qu'on sait qu'il est blessé, c'est pitoyable" : véritable leader de la nouvelle ancienne génération (celle des jeunes de 98), son impact moral sur le groupe était tel que le staff se trouvait dans l'obligation de l'amener dans les bagages. Sachant que Flamini n'aurait jamais joué une minute, il devenait alors normal de garder un Vieira même blessé mortellement, afin d'insuffler énergie et espoir au reste du groupe, et éventuellement pouvoir le faire rentrer en demi-finale.

10) "S'il ne part pas de lui-même, cela montrera bien la perversité et le manque d'honneur du personnage" : soyons sérieux, à l'heure où les salaires du football bling bling explosent le plafond, à l'heure du tout libéral, du tout mercantile, il me semble normal que le représentant footbalistique de la nation française soit suffisamment rémunéré et protégé contractuellement pour ne pas se retrouver dans le besoin du jour au lendemain. La prolongation jusqu'en 2010 était logique suite au fantastique parcours lors du dernier Mondial. Un licenciement sans indemnité (donc "pour faute") ou une démission de sa part (sûrement suite à des pressions politiques) me paraitrait choquant et injustifié, mais servirait au moins à prouver le peu de cas qu'on fait d'un technicien généreux et intègre, dont la seule faute aura été d'avoir été un peu trop "humain" et réaliste face à la situation désespérée de son équipe.
Merci Raymond !! Et rendez-vous avec toi le 9 juillet 2010 !!
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