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mardi 25 mars 2008

Différences substantielles entre "rock de gauche" et "rock de droite"

Pour débuter, un postulat s'impose : le rock n'est ni de droite, ni de gauche, c'est avant tout un style musical de merde.

Néanmoins, je constate aujourd'hui un schisme sans précédent entre deux tendances lourdes (lourdingues ?) :
- les représentants naturels du sarkozysme : méprisants, terrifiants de médiocrité, ne jouant quasi exclusivement que sur le paraître.
- les branlos pour qui "professionalisme" rime avec "fascisme" ne souhaitant qu'une seule chose : sombrer, afin de prouver à tout le monde qu'ils étaient dans le droit chemin.

Ces 2 catégories, généralement celles qui produisent le moins de musique, et dont on ne parlera (heureusement) plus d'ici quelques années, restent quand même fascinantes. En effet, ce sont des parodies ultimes mais vraies de ce que symbolise l'une des tendances pour l'autre. A savoir, des "bourgeois sociaux-traitres suppôt de l'impérialisme capitaliste triomphant basé sur un rapport mercantile", et des "gros con de gauchistes qui foutent rien de la journée, se lèvent à 14h, boivent, fument, se droguent, font semblant de faire de la musique parce qu'ils étaient trop cons pour avoir leur BEPC, et sont jaloux de notre argent".

Etudions succinctement les principales caractéristiques de chacun :

"le rockeur de gauche" :

- toute source de fatigue est une forme de travail, or le travail est un acte capitaliste abject, d'où absence de répétitions, de recherche de dates de concert, voire plus grave de composition de morceaux, ou de tentative d'enregistrement.
- il fume partout, surtout là où on ne peut pas, et la loi de janvier 2008 n'est qu'un prétexte de plus pour faire chier tout le monde. ex: (cave d'un bar miteux, le patron tente d'expliquer aux musiciens qu'il y a un problème d'aération, ainsi qu'un détecteur de fumée, et qu'il a rien contre eux, mais ça serait sympa de pas fumer là) "ouais, c'est ça, ouais !!! Fasciste !!! T'avais qu'à pas voter Sarkozy, connard !! Bientôt, on aura plus le droit de boire, de rigoler ou de baiser dans ce pays !! Enculééééé !!"
- le concept "temps" n'existe pas. Il n'est donc pas stressé, ni anxieux, et transmet allègrement ses sensations désagréables aux autres : il arrivera systématiquement en retard à tous les rendez-vous importants ("oui, ok, on devait partir à 8h et il est 11h, ok, c'est bon, me saoûle pas, tu sais à quelle heure je me suis couché, hier soir ??") ; il transforme ses erreurs en culpabilisation ("Quoi ?? J'ai pas fait ça alors que j'avais promis ?? Et alors, pour autant, je suis pas un musicien ??" (comment ça, ça n'a rien à voir)) ; il fait foirer toutes les répètes en arrivant à la bourre, en prenant des pauses de 20 minutes et en arrivant bourré, et bien-sûr n'a pas son matériel (mais il comptait bizarrement sur vous pour amener le sien) ; il ne vient pas à tous les concerts de son propre groupe, ou arrive 5 minutes avant sans avoir fait les balances.
- Même quand il en a, il n'a jamais d'argent (et ne comptez pas sur lui pour en sortir)
- Pour lui, tous les groupes sont géniaux... on est tous frères, on est tous dans la même galère, c'est le collectif et le 4-4-2 avant tout. Quand un groupe est mauvais, ça sera rarement pour des raisons musicales, plus pour d'obscures raisons politiques (amitiés suspectes, litige suite à un concert annulé, trop bonne chronique dans un magazine, etc)
- Sauf exception (chanson, folk), il chante en anglais, et tous ceux qui chantent en français sont des cons, ou des traîtres (quand ils ont changé de langue), mais en tout cas, pas des musiciens.
- Un jour ou l'autre, il tentera de sortir avec votre copine ou votre mère.
- Il ne comprend pas que des musiciens puissent jouer sur une guitare à + de 500 euros et sur un ampli de + de 60 watts ("combien elle fait de RMI, ta basse ????")
- Il croit encore que Patrick Eudeline est de gauche, et qu'il est vraiment critique rock.
- Il est fier d'être écolo, ou pro "bio", ou macrobio, ou d'une tendance politique inutile.
- Il est souvent alcoolique.
- Il écoutait du rap, puis s'est progressivement rendu compte que c'était vraiment un truc de merde (ou qu'en tout cas, c'était devenu n'importe quoi)
- Il refusera de jouer en 1ère partie de "X" (groupe local périgourdin ayant sorti deux EP 5 titres), parce qu'en avril 2004, ils ont joué en 1ère partie de Indochine, et qu'ils ont fait un premier pas vers le grand capital.
- Très satisfait de ce qu'il fait, il se réjouit du bonheur d'autrui, et n'aura aucun état d'âme sur son échec personnel qu'on appelle la vie. Vous êtes une "putain de rockstar", il n'est qu'un "loooooooooooser".


"le rockeur de droite" :

- il sera le seul à parler d'aspect purement marketing lors de concerts de groupes locaux débutants. ex: franchement, si vous rajoutez pas un 3ème refrain, vous passerez jamais sur Europe 2 !"
- il se félicitera toujours de ne pas pratiquer une ou plusieurs activités dont tout le monde se branle. ex: "moi, je ne fume pas/ne me drogue pas/ne prend pas de coke/ne regarde pas le foot, c'est un truc de beauf/ne sort pas en boîte/ne fréquente pas les lieux branchés/ne joue pas avec un phaser/n'écoute pas de jazz/ne me masturbe pas", etc.
- il a une vision totalitaire mais extensive du "temps" : il n'y a pas d'âge pour faire du rock, mais à 21 ans, c'est trop tard ! Il se croit super original et totalement dans une mouvance "trendy fashionista" alors qu'il pratique un blues-rock démodé depuis 1963. A 30 ans, on est un vieux, mais il ne bosse qu'avec des has-been quasi sexagénaires (ceux qui lui produisent ses disques, qui les chroniquent, qui le font jouer, qui lui donnent de la thune ou financent ses campagnes de pub)
- Il consacre 99% du temps pour son groupe aux fringues qu'il portera sur scène, à sa coupe de cheveux, à son (absence de) jeu de scène ("je pose mon pied sur le retour au 2ème ou au 3ème morceau ?"), à se balader dans les salles de concerts avec des lunettes noires pour se montrer, à fréquenter la crème du VIP room, à téléphoner à tout son carnet d'adresse pour dire qui il a vu hier soir dans les VIP room... plus rarement à écrire des (vrais) morceaux ou à répéter.
- Pour lui, tous les groupes sont à chier, aussi bien les locaux que les superstars. Hormis 2 groupes de mauvais goût qu'il vénèrera, tout est de la merde sauf lui, et il vous le fera savoir trop souvent, à se demander s'il a déjà écouté un disque ces dernières années tellement tout est nul.
- Sauf exception (garage punk, electroclash), il chante en français, et tous ceux qui chantent en anglais sont des cons qui ne font aucun effort pour s'en sortir. En effet, quand on est "en France, on chante en français !!! Y chantent en français, les anglais ?? Non ? Bon, beinh alors !!". Leurs textes seront en tout cas l'occasion de se rappeler que Mallarmé, Balzac, Camus, Rimbaud, voire Brel, Gainsbourg, Brassens, sont définitivement morts et enterrés.
- Un jour ou l'autre, il tentera de sortir avec votre petite soeur.
- Il ne comprend pas que des musiciens puissent jouer sur du matériel bon marché ("elle est pourrie ta gratte ! Comment ça, t'as pas d'argent ?? Ah, mais t'es un pauvre ??? La honte...")
- Il a été chroniqué par Patrick Eudeline dès sa première démo 2 titres enregistrées dans une cave. ex: "un disque lénifiant à mi-chemin entre un P.I.L. sous ecsta, et un garage punk abrasif hérité de Johnny Thunders".
- Son père lui a acheté sa carte à l'UMP, ou alors il est "végétarien" et pourrira vos soirées quand même.
- Il est souvent cocaïnomane.
- Il n'a jamais écouté de rap, c'est un style de sous-homme pour les "étrangers avec des papiers français qui viennent générer de l'insécurité", puis s'est progressivement rendu compte que c'était vraiment un truc super "street credibility", et dira à qui veut bien l'entendre que "La Rumeur, ça, c'est du rap, c'est pas comme TTC, du rap pour blanc" (mais t'es blanc, toi, non ??)
- Il refusera (ou commencera par refuser) de jouer à la Star Ac parce que c'est "commercial !!" et que cela nuirait à sa crédibilité, alors qu'il fait une musique qui fait passer Claude François pour du post-rock avant gardiste.
- Très satisfait des bouses qu'il produit, il se réjouit du malheur d'autrui, et n'aura aucun état d'âme. Il est une "putain de rockstar", vous n'êtes qu'un "loooooooooooser"


la suite dans un prochain épisode...


Quand "metal" rimait avec "brutal"

J'ai ça sur mon disque dur depuis plusieurs mois, et c'est toujours avec interlocation et surpritude que je retombe dessus... Voici mon best-of personnel "metal"


Numéro 5 :

Des couleurs flamboyantes, un titre sous forme d'appel au meurtre, une musique qu'on devine extrême... rien ne pourra faire oublier l'homme à tête de bichon, ses yeux tristes qui veulent dire "assez !!", ce mélange ultime entre Karl Marx et l'animal qui est en chacun de nous, croulant sous des tons pastels post-impressionnistes d'un aloi certain... qui dit mieux ?






Numéro 4 :

Plus classique, plus palpitant, plus "true metal", Stryken innove néanmoins en inventant rien de moins que l'ancêtre de la tecktonik, le tout au service d'une charte graphique monochrome fruitée du meilleur goût qui ravira grands (fan de kiss) et petits (fans des fall out boy)







Numéro 3 :

"Ouuuuuhhhh !!! Je suis le loup garou !!!"... A bien y regarder, cette pochette est ridicule, soit, mais elle fait peur... Le style contre-abstrait dessiné à la gouache, le soleil inquiétant, les doigts crochus (référence crypto-antisémite ?), ces longues dents immaculées, ce regard à la limite de la trisomie 14, ce "arnold" écrit à même la pochette à un endroit + que stratégique... Assiste-t-on à une tentative de pochette définitive ?





Numéro 2 :

On ne sait ce qu'il y a de plus effrayant dans cette pochette :
- la pilosité des participants
- la coupe de cheveu du mec de gauche
- le trait noir de mascara sous la narine du nosferatu, ambiance : "j'ai le nez qui coule"
- la dent de requin de celui de droite
- la police de caractère interdite par la convention de La Haye
- le fond vert nous rappelant les glorieuses années de la RDA





Numéro 1 : and the winner is...........

Tout y est... A jamais le 1er, à jamais le seul, à jamais le plus fort. On imagine aisément la scène.
Gerardo, 24 ans, rentre de répète chez ses parents dans son Milan natal. Gerardo est un jeune énervé, il a des cheveux gras, il vénère Helloween et Poison, il joue dans le plus grand groupe de "hard rock mélodique" de tous les temps. Gerardo sait qu'il s'apprête à dominer le monde qui n'attend plus qu'eux, c'est normal, nous sommes en 1996. Il tombe sur sa soeur, Chiara, 9 ans, en train de manger des corn flakes... Soudain, l'idée de génie lui vient : "Toi qui sait dessiner (j'ai été bluffé par ton interprétation arty post-50's de la maison avec le soleil jaune dans le coin, et la cheminée qui fume), tu pourrais pas me faire la pochette de mon groupe ? Un truc énervé, genre j'arrive dans une ville en flamme en Harley avec une hache à la main... oui, je sais, ça m'est venu dans le bus..."
Le reste appartient déjà à l'histoire...

dimanche 25 novembre 2007

"yeah ok" blind test N°1, les résultats...

Enormément de participation pour ce "yeah ok" BT, 1er du nom, mais un petit peu trop de défections de dernière minute, et de dubitativité sur le fameux "concept général" qu'il fallait trouver...

Concernant le classement, du prévisible avec la 1ère place du Chevreuil, et de la déception avec Kill Me Sarah et Dragibus qui ne trouvent même pas le pourquoi du parce que de ce blind test, d'où déception, moquerie, conspuation sur 10 générations. On remarquera les très bons scores des outsiders de The Limbes et de la doublette, cette dernière se payant même le luxe de découvrir le concept 1 heure avant la clôture des votes. Chapeau aussi à Fabien pour sa participation gentille mais un peu trop "non, mais de toute façon, vous êtes trop forts", alors qu'avec un minimum de travail, il aurait sûrement mis leur race à beaucoup de ses collègues...

un point complet (en dessous de 15 pts, les noms n'ont pas été révélé par respect pour leur dignité)

1) Le Chevreuil : 38 pts
Fier, beau, noble, il éradique tout sur son passage, et explose totalement la concurrence en réalisant le triplé : "concept général" + particularité + intrus. Tout simplement exceptionnel...

2) la "doublette" des 2 "P" : 30 pts
Quelques réponses en début de semaine, puis une accélération monstrueuse dans le sprint final pour finalement trouver les bonus, mais malheureusement pas l'intrus...

3) The Limbes : 27 pts
Implacable comme à son habitude, et se payant même le luxe de trouver dès le 1er jour le "concept". Une 3ème place en forme de victoire.


4) Kill Me Sarah : 23 pts
5) Dragibus : 23 pts
6) Matthieu P : 18 pts
7) Fabien : 16 pts

Les réponses ??? C'EST ICI QUE CA SE PASSE !!!!!!!!!!!

lundi 19 novembre 2007

"Yeah Ok", le blind test d'une nouvelle génération

Souhaitant se lancer dans le marché (porteur) du blind test, DDLM vous propose un défi à la hauteur de vos espérances de jeune premier de la musique : le "yeah ok" blind test, 7 minutes de zouze bien fraîche, 16 groupes qui ont fait (ou pas du tout) l'Histoire, juste appuyez sur "play"



Les règles sont simples :
- 40 pts à gagner
- 16 artistes/groupes à trouver, 16 chansons (1 pts chacun)
- 2 pts si vous trouvez le "concept général" du blindtest
- 2 pts si vous trouvez la petite particularité supplémentaire dans le choix des chansons
- 4 pts si vous trouvez l'intrus dans la liste

Envoyez-nous vos réponses avant dimanche 25 novembre, 20h à : diredelamerde@gmail.com


Conseils généraux(reux?) pour les plus nuls d'entre vous:

- en cas de non-connaissance manifeste du morceau, google est votre ami (surtout si vous touchez un peu à l'anglais)

- en cas de découverte du concept général (assez évident) du blind test, vous restreindrez d'autant votre champ de recherche (et croyez moi, ça aide)

- il y a peu de pièges, et il se peut que votre 1ère idée soit la bonne

- la plupart des extraits sont "cadeaux" pour peu que vous soyiez pas trop inculte en "wok n woll" (d'ailleurs, les prochains blind test seront moins orientés rock)

------------ LES INDICES.....................
- la période couverte est diabolique, à savoir: 1966-2006 (666....)

- 90% de ces groupes sont très connus, et ont vendu plusieurs millions d'albums

- 0 pts vous seront attribué si vous trouvez le jingle de transition des extraits (donc pas besoin de vous faire chier)

- en plus d'être une réponse très courante, l'un des groupes est reconnu comme étant "très chiant" pour le musicologue de base

- le site ne cautionne pas la plupart des groupes présents dans le blind test

- vous êtes dispensé de donner le titre exact de 2 des chansons (je vous dis pas lesquelles, démerdez vous), il nous faudra par contre le nom de l'album

- l'un des artistes/groupes a un lien fort avec Chantal Goya

- il n'y a aucune reprise, remix ou autre bootleg

- 2 titres à trouver ont le même nom que deux autres chansons très connues de groupes très connus (mais dans des styles très différents)

- D'après mes recherches, on peut même dire qu'il y en a quatre (mais avec des groupes légèrement moins connus)

- 2 chansons portent un numéro

- la plupart des groupes sont encore en activité, et des fois, on se demande pourquoi...

- En fait, y a que 3 groupes/artistes qui n'ont aucune chance de faire un come-back

- Toutes les chansons sont en anglais, sauf une dont la langue n'est pas trop disponible sur google

- Il n'y a que 3 chansons du 21ème siècle

- 8 sont antérieures à la mort de Ian Curtis (et à celle de Valery Giscard D'Estaing)

- il y a une parenté indéniable entre les artistes 7 et 9 (malgré quelques décennies d'écart)

- l'un des groupes "chiants" a sorti un album qui porte à peu près le même nom que celui dont est issu le titre de l'un des groupes (pas chiant) du blind test

- "l'intrus" est tout simplement celui qui ne répond pas au "concept général". Pourtant, il aurait pu en faire partie (cette dernière phrase est anecdotique, et n'est qu'une précision historique que seuls les gens qui se sont penchés sur la question savent...)

- l'indice: très peu d'artistes/groupes auraient pu prétendre à figurer dans ce blindtest, et ce, pour des raisons qui ne tiennent ni à l'artiste, ni à la chanson... Le concept général est intégralement lié à la donnée manquante. Un conseil: prenez du recul, ayez une vue "d'ensemble"...(non, n'insistez pas, je ne dirai rien)

dimanche 7 octobre 2007

Chronique ta mère !!

EXPOSITION DU CAS CLINIQUE

Au gré de mes pérégrinations sur le net, j'aime à humer le nectar dionysiaque de cette nouvelle ère du journalisme, ce "cyber donnage d'opinion" qui est bien joli, bien sympa, bien qu'il ne dise pas ce qu'il est vraiment, à savoir du "e-café du commerce"

Je ne résiste pas à l'envie de vous mettre en quasi-intégralité la critique de l'album d'un groupe pas très connu, dont j'ai découvert, effaré, le contenu : implacable, absurde, apocalyptique, définitive... une petite perle en 2 blocs :
75% de "c'était-mieux-avant style" en début d'article, puis l'auteur finit par faire référence au groupe (surement malgré lui) lors d'un dernier quart que je préfère ne pas vous rapporter qui se résume à "c'est pas mal mais en fait non, mouarf, pas super original, pfff, rien à foutre, chiant, au revoir".

PREMIERS SYNDROMES

(ce qui suit ne relève pas de la responsabilité du site, ni de la législation française en matière pénale)

Je ne sais pas si cela vient de moi mais ces temps ci, il n'y a pas un album, un artiste qui réussisse à me passionner vraiment. Certes, j'écoute nombre de choses récentes avec plaisir et curiosité, toujours friand de découvertes et de frisson mais pourtant, rien n'y fait. Mon oreille reste distraite, pour ne pas dire distante et les ritournelles du moment que distille patiemment ma platine cd ne me font pas vibrer.

Pourtant il y a de bonnes choses, agréables à écouter, sautillantes ou plus mélancoliques mais rien qui sache me prendre aux tripes, ni au coeur.

Je trouve en fait que les compositions actuelles manquent cruellement d'intensité dramatique ou de puissance ou les deux en même temps. Il manque ce quelque chose qui vous transporte, vous vide l'esprit ou vous fait réfléchir, ce truc qui fait que l'on s'identifie à une époque plus qu'à une autre.

En fait j'ai peur que la production musicale suive le chemin de la facilité, comme le cinéma finalement avec une production essentiellement légère et si possible comique. Vous voyez le genre. Un truc capable de vous donner le sourire mais incapable de vous redonner espoir. La chanson qui vous fait danser sur place mais pas avancer d'un pas. Le truc pas chiant et pas prise de tête, à la limite du consensuel quand on sent qu'il se voudrait secrètement plus osé.



DIAGNOSTIC VITAL

Un rapide diagnostic du patient nous montre qu'outre une tendance à la dépression post-adolescente, avec son lot de "argghh, pourquoi quand j'écoutais Pearl Jam à 15 ans, ça me faisait bander, et pourquoi maintenant à 35 ans, j'ai une demi-molle par an ?" et de "bordel, mais vous voyez pas ce qui se passe ?? Pourquoi la musique est de moins en moins intéressante ??" (soit un cocktail : égotisme pathologique + absence d'appréhension du monde extérieur), celui-ci tend quand même à nous apporter un éclairage sérieux et 1er degré sur la dure et vraie réalité réelle (et véridique) d'aujourd'hui, soit : avant, les gens avaient un rapport non-mercantile à la musique, au cinéma, et à l'art en général, alors que maintenant, c'est plus que du prédigéré, du tout consensuel, du COM-MER-CIAL... Maintenant, l'art (avec un petit "a") c'est fait pour les gamines de 12 ans qui écoutent Tokio Hotel, alors qu'avant, l'Art, c'était un vrai truc de dandy, les gars, ils étaient chirdés dans leur tête, tu vois ??

Il est en effet évident que des noms comme Sheila, les Rolling Stones (post-67... 65 ?), Claude François, Eric Clapton, Dire Straits, Rod Stewart, Supertramp, Alice Cooper (c'est les premiers qui me viennent) ne furent que des vues de l'esprit, de simples malentendus... Car, NON, à cette époque-là, les maisons de disques étaient philanthropes, le pékin moyen avait une large collection de musique expérimentale, et les rapports étaient avant tout basés sur l'autogestion et le non-mercantilisme (révolutionnaire, cela va de soit)

Un commentaire à mettre en parallèle avec celui de l'une de mes (pourtant) idoles, Jules-Edouard Moustic, qui déclarait, lors d'une très bonne émission rétrospective des années 90 sur Arte (Graffiti 90, je crois), que "le rock est mort en 1994 avec la mort de Kurt Cobain... maintenant, pfffff... Actuellement, je ne m'intéresse plus qu'au rap".
Ouais !! Il a bien raison !! Maintenant, les gars, avec leurs guitares électriques, et tout, là, machin, là... ils se suicident même plus les jeunes !! Les gars, ils vendent des mp3, ils font glingling, ils se tapent des meufs, mais ils se suicident pas !! Ils sont plus rock'n'roll, plus dans l'esprit, pas comme nous en 1979, quand on tripait sur du vrai punk qui tache... euh, genre Telephone, quoi.
On rajoutera, en outre, que le milieu actuel du rap/hip hop/r'n'b est un modèle du genre pour ce qui est de la création, de l'originalité, de l'absence de reprise éhontée de samples (voire chanson intégrale) de funk et soul, et de non-recherche de l'argent à tout prix, au profit d'un rapport purement désintéressé, à la limite du nihilisme.

Mais revenons à notre malade. Comment en est-on arrivé là ? Est-ce un appel à l'aide ou le pamphlet de trop ? Pourquoi un tel déferlement de mal être dans un si petit corps ?


DEBUT DE SOLUTIONNEMENT

La solution est là, sous nos yeux, en début d'article: "Je ne sais pas si cela vient de moi". Schématisons :

- X a 13-14-15 ans (rayez les mentions inutiles), et découvre [groupe de pop] en même temps que son irrépressible attirance pour le sexe opposé (ou pas).
- X se met à écouter plein de disques de tas de groupes, et acquiert au bout de seulement 3 ans une impressionnante discographie de 14 cds !!
- X va de claques en claques, et se dit "putain, mais la musique, quand même..."
- X va à la fac, s'intéresse à plein d'autres trucs, commence à bosser, à avoir des rapports sexuels (ou pas), mais tarde à se rendre compte que le monde de son adolescence n'a pas vraiment à voir avec celui des adultes, et que tout ce qu'il croyait n'est plus, que les gens sont souvent décevants et facilement capables de faire le contraire de ce qu'ils disent (et inversement)
- X vieillit mais se croit encore jeune. Il est quasiment encore plus réac que ses parents, boit moins (ou pas), mais pense encore que la douce lueur de la musique lui taquine toujours l'épaule, comme aux plus belles heures de sa prime jeunesse.

En résumé, X, à mesure qu'il n'est plus ce doux adolescent boutonneux d'autrefois, devient un adulte incapable de ressentir la moindre émotion, ou en tout cas, pas les mêmes qu'avant. Il se persuade que c'est la musique qui a changé, alors que c'est seulement lui qui a maladivement évolué (muté ?). Ayant acquis un minimum de culture musicale, il va immédiatement identifier les influences des nouveaux groupes qu'il écoute, et s'il n'y en a pas, il ne pourra s'empêcher de leur en attribuer...

Le rapport à ces anciennes idoles va être ambivalent :
1) un déni mélangé à de la haine (en poudre). Il trouve tout à chier, il n'a "jamais écouté ça de [sa] vie", il ne comprend pas comment ce cd des Guns&Roses s'est retrouvé là.
2) un culte nostalgique et définitif aux albums qui ont façonnés son adolescence. A 15 ans, il les trouvaient très bons ; maintenant, ils sont seulement parfaits, uniques, insurpassables. Bien entendu, si ces groupes sortaient ces cds de nos jours, ils ne trouveraient pas grâce à ses yeux, trop peu originaux, défaillants émotionnellement, voire ridicules. S'est creusé dans sa tête un fossé entre un passé génial et un présent insipide. Nostalgie, quand tu nous tues...


TRAITEMENT

Pour le bien du patient, je ne peux que conseiller un abandon pur et simple du chroniquage de disques, afin d'éviter de probables épisodes suicidaires ainsi que l'incompréhension totale de ses éventuels lecteurs (ou pas). Le fait de ne pas avoir su garder une partie de son âme d'adolescent le frustre, et lui rappelle régulièrement qu'il ne sera jamais un artiste (rajoutant encore à la frustration).
Je l'encourage à se tourner vers de nouveaux domaines plus gratifiant tels que le macramé, le rugby à 13 ou la politique. Par la suite pourrait aussi lui être prescrit une cure de vitamine E, une alimentation équilibrée, ainsi qu'une bonne douche.

lundi 1 janvier 2007

"yeah ok" n°1, les réponses

1.The Clash - Four Horsemen
Fastoche... sinon Google pouvait facilement vous aider... Très célèbre chanson issue du double album "London Calling"

2.The Who - Pinball Wizard
L'une des + célèbres chansons de ce fantastique groupe... issue du double album "Tommy", l'un des 1ers opera-rock de l'histoire de la musique

3.Nine Inch Nails - Into The Void
Chanson ultra reconnaissable (et qui fut même un single, je crois) de notre ami Trent Reznor, issue du double album "The Fragile"

4.The Rolling Stones - Happy
Groupe connu s'il en est... chanson issue du double album "Exile on Main St."

5.Red Hot Chili Peppers - She looks to me
Chanson à la red hot de leur dernier et double album "Stadium Arcadium"

6.Prince - U got the look
Du double album "sign o' the times", un modèle du genre en production eighties

7.Dream Theater - War Inside My Head
extrait de "Six degrees of inner turbulence", chanson en 6 parties, mais aussi nom de ce double album, monument à la gloire du shred et du bon goût

8.Michael Jackson - Earth Song
AHAHahahahahahahaahhahahahah !!!! Chapeau aux plus incultes d'entre vous, ceux qui écoutaient NRJ en 1995, ceux qui se rappellent encore qu'au-delà de la pédophile, de la chirurgie ratée, de ses déboires existentiels, et de R Kelly, il y a un homme : le roi de la pop... Et certains d'entre vous sont totalement passé à côté (et j'ai envie de dire, dommage)
Après, j'avoue, c'était de la perversion... c'était un extrait instrumental, ça aurait pu TOUT être... Néanmoins, l'indice avec Chantal Goya (l'amie des enfants), le fait que ce soit une liste de "double albums" (de nombreux sites les répertorient, il n'y en a pas tant que ça, quand même), le fait que le BT ne comporte que des groupes/artistes ultra connus, auraient pu commencer à vous mettre sur la voie...... ce fut le seul trou de notre ami le Chevreuil

9.Yes - The Ancient : Giant under the Sun
Issue de l'inaudible double album "Tales from the topographic oceans" (big up à Killmesarah d'avoir trouvé quasi instantanément, et au Chevreuil d'avoir été obligé de s'être tapé 1h30 de ça)

10.Beatles - Revolution 1
J'ai jugé inopportun de vous laisser entendre la voix du chanteur... c'eut été encore plus facilissime à trouver. Chanson issue du double album "The Beatles", le fameux double blanc.

11.Smashing Pumpkins - XYU
Chanson mythique du groupe mythique (mais plus trop maintenant) issue du plus grand double album de tous les temps : "Mellon Collie and the Infinite Sadness"

12.Aphex Twin - Melphase 6
Passage suridentifiable du maître de l'electro, 2ème chanson "à numéro" de la liste, qui rendait encore plus facile l'identification du titre.

13.Guns & Roses - You could be mine
Chanson inaudible du groupe inaudible, issue de "Use your illusion 2", suite de l'album "Use your illusion 1", qui aurait dû être à l'origine un double album.

14.Bob Dylan - Absolutely Sweet Marie
Rien à dire devant une telle évidence. Issue du 1er double album de l'histoire de la musique, "Blonde on Blonde".

15.Magma - Stoah
De "Kobaïa", 1er et double album du groupe mythique (mais super chiant comme la mort)

16.Pink Floyd - The show must go on
Oui, oui... le show doit continuer. Et ce n'est pas leur double album "The Wall" qui m'empêchera de vous faire faire un autre blind test !!!

Concernant le "concept général" du blind test, j'espère que la seule lecture de ces réponses vous permettra de le comprendre, mais pour les + intelligents d'entre vous :

- Toutes les chansons sont issues de DOUBLE ALBUMS........ allo ?? oui ???? Vous êtes en train de vous taper la tête contre un mur ??? Bravo donc à nos 3 concurrents qui ont trouvé...

- Encore + fort !!! Toutes les chansons sont issues du 2ème disque... eeeeeeeeeeet ouuui........

- Quant à l'intrus, c'est très simple, c'est le seul extrait qui n'est pas sur un double album, à savoiiiiiiiiiiiiir : "you could be mine" des Guns & Roses, sur "Use your Illusion 2", non pas "Use your illusion: disque 2 du double album". Et oui, elle aurait vraiment pu être dans ce blind test...